"Aujourd’hui, il n’y a pas de problème de sécurité alimentaire liée à la consommation de volailles ou d’oeufs en France."
La DILGA (Délégation interministérielle à la lutte contre la grippe aviaire), si vous voulez, c’est une petite structure qui a été créée à la fin du mois d’août 2005. C’est une petite équipe de facilitation dont la nécessité est apparue, je crois, au détour de l’exercice gouvernemental qui avait été fait fin juin où, probablement, il avait été jugé utile de renforcer la coordination de l’action de l’Etat.
Sur quels points se concentre la mobilisation de l’Etat ?
Le prisme santé humaine est bien sûr celui qui nous mobilise et nous motive le plus, mais il faut aussi être très soucieux de la question de la santé animale. Il y a actuellement une quinzaine de pays qui sont touchés par une maladie qui touchent les oiseaux, qui est lié au virus de la grippe et qui est, dans certains pays, très difficile à maîtriser. C’est la raison pour laquelle des efforts doivent être faits sur la scène internationale -la France y est associée- pour tenter de maîtriser cette épizootie. Si on parvenait à maîtriser l’épizootie, eh bien vraisemblablement, la menace en terme de santé humaine serait plus éloignée. Et puis enfin, il y a un dernier point qui est très important, qui est la question de la sécurité alimentaire. Aujourd’hui, il n’y a pas de problème de sécurité alimentaire liée à la consommation de volailles ou d’oeufs en France mais, bien sûr, les questions qui se posent en matière de santé animale dans certains pays, ont conduit la France à prendre des mesures de limitation ou d’interdiction des importations de ce type de produits.
Priorité à la préparation
Je ne pense pas qu’on puisse engager la préparation d’un pays à une menace de ce type, sans évoquer des choses qui sont par nature inquiétantes. A l’inverse, je pense que ce qui pourrait sembler rassurant, c’est de dire que, pour une fois, on est dans une phase où on pourrait presque se préparer à une épidémie. Jusqu’à présent, les épidémies on les subissait, on comptait les morts après ; là, on est dans une nouvelle ère, je pense, qui est qu’on peut tenter de se préparer à une épidémie grave, que nous avons maintenant les moyens d’organisation techniques, les médicaments, les capacités, les compréhensions nécessaires. Nous pourrions quand même nettement minimiser l’impact de cette épidémie.