1. La santé animale
Le risque d’émergence d’un virus grippal pandémique dépend, en grande partie, des possibilités d’exposition de l’homme au virus de l’influenza aviaire hautement pathogène, qui persisteront tant
que le virus continuera à circuler chez l’animal.
La lutte contre la maladie chez l’animal est donc le principal moyen de réduire les possibilités d’infection humaine et donc d’émergence d’un virus pandémique.
Les organisations internationales l’ont rapidement compris et ont élaboré des stratégies de contrôle de la maladie chez les volailles pour « traiter ainsi le mal à la source » et réduire la menace d’une
pandémie humaine à l’échelle mondiale.
L’enjeu immédiat est de lutter contre l’épidémie aviaire qui sévit actuellement en Asie et en Europe orientale et d’empêcher son développement dans l’Union européenne. Il s’agit également de vérifier
si le virus a été introduit en Afrique par l’avifaune dans les zones d’hivernage lors des migrations d’automne et d’évaluer le risque de le voir revenir, lors des migrations de printemps, dans les zones
de passage ou de reproduction d’Europe et d’Asie.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chargées de la coordination de la gestion de la santé animale et de la santé publique sur le plan mondial, se sont fortement mobilisées sur ces objectifs.
En mai 2005, la FAO et l’OIE, en collaboration avec l’OMS, ont rendu publique une stratégie mondiale visant à contrôler et éradiquer progressivement l’influenza aviaire hautement pathogène du secteur asiatique. Cette stratégie s’appuie notamment sur un élargissement et une intégration du réseau des centres et des laboratoires de référence de l’OIE, de la FAO et de l’OMS et sur l’élaboration de lignes directrices scientifiques et pratiques sur la biosécurité pour le secteur de la volaille, destinées aux collectivités agricoles des pays touchés.
Mais pour atteindre les buts qu’elles se sont fixées, ces organisations doivent surmonter de redoutables défis, tels que l’état endémique de la maladie dans plusieurs régions et le fait que certains pays n’ont pas suffisamment de connaissances spécialisées vétérinaires et épidémiologiques ou éprouvent des difficultés à mettre en oeuvre des mesures contraignantes en matière de biosécurité.
2. La santé humaine
Parallèlement à la lutte menée contre l’épizootie chez les volailles, les États doivent se préparer à la menace d’une possible pandémie grippale dans le cadre d’une mobilisation internationale. Cette
préparation passe par l’élaboration de plans nationaux, coordonnés au plan européen et au plan de l’organisation mondiale de la santé, destinés à freiner le développement de l’épidémie dès l’apparition de transmissions interhumaines et à assurer la protection des populations.
Des orientations stratégiques, qui nécessitent une entière collaboration entre les pays bénéficiaires, les partenaires bilatéraux et les organismes multilatéraux, ont été identifiées.
Il s’agira prioritairement de :
contribuer à la préparation des plans de surveillance, d’alerte et de réponse aux épidémies, en
s’appuyant sur les recommandations et les outils proposés par l’OMS, et notamment par son
bureau de Lyon ;
participer au renforcement et à l’adaptation des systèmes d’information sanitaires ;
appuyer le développement de laboratoires spécialisés (en prenant en compte le rôle spécifique
des instituts Pasteur) ;
contribuer au plan d’approvisionnement en médicaments et matériels médicaux spécifiques ;
participer à l’identification de structures sanitaires et à la formation d’équipes soignantes pour la prise en charge de cas suspects ou confirmés de maladies à fort potentiel de contagion (accueil,
tri, isolement...).
Pour apporter cette contribution à l’effort international, la France dispose notamment de deux atouts : d’une part son assistance technique en santé dans un certain nombre de pays touchés ou à risque ; d’autre part le réseau des instituts de recherche français ou soutenus par la France.
Ces deux outils, de par le capital de confiance qu’ils ont permis de constituer auprès des partenaires, peuvent permettre aujourd’hui des gains d’efficacité dans l’intervention.
Face à une menace pesant sur la sécurité sanitaire mondiale, leur mobilisation pour limiter les risques de propagation d’un virus grippal hautement pathogène relève tout autant de la mission de solidarité à l’égard des pays partenaires que du devoir de protection des ressortissants français à l’étranger.
Cette situation justifie un effort soutenu de la part des pays les plus développés en direction des autres pays et des organisations internationales spécialisées dans la lutte contre la grippe aviaire.
C’est le message que la France s’est attachée à promouvoir, notamment à l’occasion des grandes rencontres internationales organisées sur ce thème (Ottawa, Kuala-Lumpur, Genève, Pékin). Elle l’a confirmé par ses actes. La France a ainsi annoncé, lors de la conférence de Genève, une
contribution de 10 millions d’euros et une mise à disposition de 10 experts supplémentaires, destinées à renforcer les capacités d’intervention des organisations internationales dans la lutte
contre la grippe aviaire (2,1 millions d’euros alloués à l’OIE, 4,9 millions d’euros à la FAO et 3 millions d’euros à l’OMS).