S’agissant de la contamination de l’animal à l’homme, le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène peut se transmettre à l’homme lors d’exposition massive à de fines poussières souillées par les déjections ou les secrétions respiratoires d’oiseaux contaminés. La transmission se fait
essentiellement par voie respiratoire, mais aussi par projection sur les muqueuses oculaires et par contact entre la main contaminée et l’oeil.
S’agissant de la contamination de l’homme à l’homme, le virus grippal se transmet par voie aérienne, notamment par l’intermédiaire de gouttelettes respiratoires émises lors des accès de toux (distance de sécurité plausible : deux mètres). Le virus peut également se trouver sur les mains des malades et sur des surfaces (objets, mobiliers, vêtements, ...).
Des critères permettant de définir les facteurs complémentaires de risque majeur d’exposition ont été retenus par les experts du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) :
proximité de moins de deux mètres d’une personne malade ;
densité de personnes dans ce rayon de proximité ;
proportion de personnes infectées ou d’agents infectieux dans ce rayon de proximité ;
confinement ;
absence de remplacement (« turn-over ») des personnes dans ce rayon.
A ces critères s’ajoutent des facteurs favorisants variables comme une atmosphère humide ou une température basse.
1 Les différents types d’équipements
Pour réduire les risques de transmission interhumaine, plusieurs équipements peuvent être utilisés, notamment des masques de différentes natures, des gants, des lunettes, des vêtements de protection
(de type surblouses).
Parmi les masques peuvent être distingués :
1.1 Les masques anti-projections
Ces masques correspondent aux masques dits chirurgicaux. Ils sont destinés à éviter, lors de l’expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de
salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles par voie de gouttelettes [1] ou par voie aérienne [2].
Porté par le patient contagieux, le masque anti-projections prévient la contamination de son entourage et de son environnement.
Le masque anti-projections protège celui qui le porte contre la transmission du virus par gouttelettes mais pas par voie aérienne.
Les masques anti-projections sont des dispositifs médicaux de classe I relevant de la directive européenne 93/42/CEE du Conseil du 14 juin 1993 relative aux dispositifs médicaux.
Leur conformité aux exigences essentielles de la directive est attestée par le marquage CE dont le sigle est porté sur l’emballage .
Le malade (personne infectée par le virus pandémique ou cas possible) doit porter un masque anti-projections dès qu’il est en contact avec un soignant ou avec toute personne l’approchant à moins de deux mètres.
1.2 Les protections respiratoires individuelles (PRI)
Les masques de protection respiratoire individuelle (PRI) sont des masques filtrants destinés à protéger le porteur contre les risques d’inhalation d’agents infectieux transmissibles par voie aérienne. Ils le protègent aussi contre le risque de transmission par gouttelettes.
Ils sont composés d’une pièce faciale (demi-masque ou masque complet) et d’un dispositif de filtration ; la pièce faciale peut être constituée du matériau filtrant lui-même. Les pièces faciales filtrantes FFP (filtering face-piece particules) sont des demi-masques à usage unique.
Les appareils de protection respiratoire sont des équipements de protection individuelle qui relèvent de la directive européenne 89/686/CEE du Conseil du 21 décembre 1989 modifiée concernant le
rapprochement des législations des États membres relatives aux équipements de protection individuelle. La conformité de ces appareils aux exigences essentielles de la directive précitée est attestée par le marquage CE dont le sigle, suivi du numéro d’un organisme notifié, figure sur l’appareil lui-même.
La durée de protection de ces masques varie, selon leur conception, entre 3 et 8 heures ; toutefois ils sont difficilement supportés au-delà de quelques heures. De plus, un masque enlevé ne peut pas être
réutilisé, l’utilisateur risquant de se contaminer lors de la manipulation. Issus du monde industriel, ils sont habituellement recommandés en milieu médical pour protéger les soignants vis-à-vis des
risques liés à une transmission respiratoire (tuberculose bacillifère multi-résistante [cf. avis du CSHPF du 14 mars 2003], bioterrorisme, SRAS).
Au vu de travaux conduits par un groupe associant l’INRS, l’Afssaps et la DGS, de recommandations formulées au niveau national par le Conseil supérieur d’hygiène publique de France et au niveau international, notamment par l’OMS, le port de masques de type FFP2 est préconisé pour les personnels de soins lors des phases de transmission interhumaine et
pandémique et pour les personnes à risque majeur d’exposition (selon la définition des critères d’exposition ci-dessus).
Pour être efficaces, ces appareils doivent être utilisés dans de bonnes conditions en respectant les règles suivantes :
consulter les notices d’emploi fournies par les fabricants ;
ajuster les masques ou appareils de protection respiratoire : dépliage complet, liens bien serrés ou élastiques bien en place, pince-nez ajusté ;
une fois qu’il est en place, ne pas manipuler le masque ou l’appareil de protection respiratoire, car il existe un risque de détérioration de celui-ci et de contamination des mains ;
se laver les mains après avoir enlevé le masque ou l’appareil de protection respiratoire ;
éliminer le masque ou l’appareil de protection respiratoire utilisé dans la filière des déchets d’activités de soins à risques infectieux, ou à défaut selon les règles de précautions énoncées dans la fiche G.8, dans deux sacs plastiques étanches, en évitant a présence d’air, fermés
hermétiquement par un lien permettant ainsi d’utiliser la poubelle « ordures ménagères ».
1.3 Les dispositifs grand public
Pour la population, le port d’un masque en tissu lavable et réutilisable ou de tout autre type de masque ayant prouvé son efficacité, peut être préconisé, en particulier dans les espaces publics fermés. Des prototypes sont en cours de développement.
2 Les modalités d’utilisation des équipements en fonction de l’exposition
En période d’alerte pandémique (situations 3, 4 ou 5) ou pandémique (situation 6), les équipements de protection employés dépendent des niveaux de risque de contamination.
Le tableau 1 indique les niveaux d’équipements recommandés dès lors qu’il y a suspicion ou possibilité de transmission interhumaine :
pour les malades (C) ;
pour les activités de type familial (F) ;
pour les activités de vie collective (V1, V2) ;
pour les activités de type professionnel (I1, I2, I3). Si des analyses de risques peuvent conduire à retenir des équipements particuliers, il apparaît, en premier examen, que trois types
principaux d’activités (qu’elles soient exercées par des employés rémunérés ou par des bénévoles) peuvent être distingués.
Le tableau 2 indique les niveaux d’équipements recommandés dès lors qu’il y a suspicion ou possibilité de transmission de l’animal à l’homme, pour les activités, professionnelles ou de loisir,
conduisant à des contacts importants ou fréquents avec des oiseaux morts ou vivants, leur environnement, les fientes ou les produits tels qu’oeufs ou plumes (O1, O2, O3, O4). Il convient de tenir compte du milieu ouvert ou confiné, de l’activité physique et du risque de projection oculaire.
3 Spécificités des mesures barrières en cas de malade au domicile
Dès le début des symptômes :
le malade doit s’isoler dans une pièce en limitant les contacts avec son entourage ;
le malade symptomatique doit porter un masque anti-projections lors de la présence d’un tiers dans sa chambre ou pour tout déplacement ;
toutes les visites inutiles dans la chambre du malade et dans la famille doivent être évitées, en particulier de sujets à haut risque médical (malades chroniques cardio-respiratoires, etc.) ;
la pièce doit être aérée régulièrement ;
le malade, et son entourage après chaque contact avec lui, doivent respecter une hygiène rigoureuse des mains.
Le respect des règles d’hygiène doit être strict (cf. fiche C.2).
4 Le devenir des équipements
Les lunettes de protection sont réutilisables après nettoyage et désinfection. Les masques « grand public » seront réutilisables.
Après usage, les autres équipements doivent être éliminés selon les dispositions figurant dans la fiche G.8.