C’est au pied de la statue de Lapérouse à Albi que s’est tenue la cérémonie du 10 mai 2011 consacrée aux mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. C’est la première fois qu’une cérémonie était organisée dans le département du Tarn, à l’occasion de l’ « année des Outre-mer 2011 ». Elle fut l’occasion, en même temps qu’aux combats pour l’abolition de l’esclavage, de rendre hommage au grand navigateur albigeois du XVIIIème siècle, dont les écrits firent connaître les territoires ultramarins et leurs populations.
La préfète du Tarn Marcelle Pierrot, lors de son intervention, a rappelé que l’esclavage fut « l’une des plus terribles injustices qui ait été et que son abolition s’inscrit sur un long chemin ». Il y a dix ans à peine, l’Assemblée nationale reconnaissait l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité.
La préfète a également rappelé que les auteurs Césaire, Damas, Glissant « se firent les interprètes de ce sentiment douloureux de l’héritage des chaînes » et félicité la République d’avoir « entendu leur plainte. C’est son honneur que d’avoir inclus dans le récit officiel de son histoire cette page sombre qui fit peut-être un million de victimes, afin que nous soyons vigilants ».
Les élèves de l’école primaire Jean-Jacques Rousseau de Cagnac-les-Mines, du collège Balzac d’Albi, du lycée Rascol, du lycée Lapérouse, du pôle universitaire Jean-François Champollion d’Albi sont venus s’exprimer à travers les voix de ces grands hommes, pour une réflexion sur l’esclavage, la tolérance et la liberté. Les textes lus par ces élèves étaient accompagnés par des musiciens qui ont fait découvrir au public les rythmes antillais.
Selon l’organisation internationale du travail, près de cinq millions de personnes vivraient encore aujourd’hui dans des conditions assimilables à de l’esclavage.
